Revue de sociolinguistique
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Université de Rouen

Laboratoire Dysola


N°4
juillet 2004



Sommaire





   glottopol@gmail.com

 

ISSN : 1769-7425

 
  


Langues de frontières et frontières de langues

Avant propos

Table des matières

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Résumés des articles

 


Avant-propos par Marie-Louise Moreau

Que les frontières étatiques ne coïncident généralement pas avec les frontières linguistiques est une évidence. Si on en doutait, les huit études réunies dans ce numéro de Glottopol, consacrées pourtant à des aires linguistiques variées, en apporteraient de multiples illustrations. Il reste à s'interroger notamment sur les raisons de cet état de fait, sur l'impact du linguistique en matière de délimitation territoriale et de politique générale, et sur la manière dont les frontières étatiques peuvent moduler parfois le champ du linguistique, dans les pratiques et les opinions.

1. Les raisons de la non-coïncidence

Il est loisible, pour mieux réfléchir sur les phénomènes, de distinguer deux catégories de situations, étiquetables en termes d'" avant " ou d'" après " : ou bien les langues préexistaient aux frontières politiques, ou bien elles se sont implantées après. On verra toutefois que bien des cas participent des deux catégories.
Dans la plupart des situations européennes, les langues se sont formées et diffusées avant que ne soient tracées, puis stabilisées, les frontières des Etats modernes et la transmission intergénérationnelle de ces langues n'a pas été affectée par la scission territoriale de leur aire. Ainsi, le catalan, dont traitent ici Cécile Canut et Francis Manzano, s'est formé et diffusé au nord-est de la péninsule ibérique, avant qu'Espagne et France ne se soient constituées en entités politiques et, a fortiori, avant qu'elles n'aient donné à leur frontière commune un tracé stable ; ainsi s'explique que la zone catalophone chevauche la frontière entre les deux pays. De même pour le francique, dont le cas est étudié par Fernand Fehlen, Marielle Rispail et Marie-Louise Moreau, qui préexistait aux Etats allemand, belge, français, luxembourgeois. Sous réserve de ce qu'on examinera dans le point 3, les structures sociales que sont les langues se mettent en place spontanément, par la base, elles dessinent des entités aux contours flous, délimitent plus ou moins des aires, dont on peut voir qu'elles résistent bien au fractionnement que pourraient y opérer ces autres structures sociales, formelles celles-là et imposées d'en haut, que sont les Etats et leurs frontières.
A l'inverse, on peut voir aussi, dans les zones frontalières, que les contacts entre populations situées de part et d'autre d'une limite étatique sont propices à l'éclosion de nouveaux idiomes, en particulier par des processus de koinésisation. Ainsi en est-il, pour partie au moins[1], du bien dénommé fronterizo ou portuñol, qui s'est formé aux frontières de l'Uruguay et du Brésil, sur une double base, espagnole et portugaise (voir la contribution de Samantha Chareille).
A mettre aussi dans la catégorie " après ", le cas des langues apportées par les migrations : quand deux Etats pratiquant deux langues différentes, et dont la frontière politique est aussi une frontière linguistique, sont affectés par des mouvements migratoires, ceux-ci brouillent la clarté de la superposition : les migrants qui s'installent dans un pays y importent en effet aussi leur(s) langue(s) (on verra le travail réalisé par Isabelle Léglise).
Cas particulier, analysé par Claude Frey, celui du français d'Afrique, dont il montre que les particularismes (catégorie " après ") ont des ancrages géographiques qui se décrivent mal en termes de pays déterminés, parce qu'en prise sur des réalités culturelles régionales, voire panafricaines.

2. L'impact des frontières linguistiques sur le politique

Les frontières linguistiques, en ce qu'elles enclosent des communautés, contribuent à les définir, à les distinguer des communautés environnantes. Alain Viaut, dont la contribution théorique pourrait en fait être évoquée pour chacun des points de cet avant-propos, fournit divers exemples de situations où l'on voit le politique chercher à faire coïncider ses propres délimitations avec les découpages linguistiques. Ainsi en va-t-il, en Belgique, pour l'essentiel du moins, des frontières qui distinguent désormais la Région de Bruxelles, la Région flamande et la Région wallonne, et qui dictent notamment la langue dans laquelle l'Etat (l'administration en particulier) et les citoyens doivent interagir.
Certains Etats s'émeuvent parfois du manque de coïncidence et mettent en œuvre des politiques supposées l'établir ou la rétablir. Samantha Chareilles en fournit une belle illustration : dans la deuxième moitié du 19e siècle, le gouvernement de Montevideo, pour contenir la progression du portugais sur le territoire uruguayen, et renforcer la présence de l'espagnol, a fondé plusieurs villes dans les régions limitrophes du Brésil et encouragé des populations hispanophones à s'y établir.

3. L'impact des frontières politiques sur le linguistique

Les Etats qui se partagent une même langue ne pratiquent pas nécessairement la même politique linguistique [2]. D'un côté de la frontière, la langue a un statut officiel, elle est perçue comme légitime dans tous les contextes, y compris à l'écrit, y compris dans des cadres formels. De l'autre côté, elle ne bénéficie d'aucune reconnaissance, ou d'une reconnaissance minimale, elle est considérée comme un dialecte, son emploi, essentiellement oral, est limité au contexte non formel. Il n'y a rien d'étonnant si les représentations des utilisateurs diffèrent sensiblement selon qu'ils sont d'un côté ou de l'autre de la frontière. Mais comme les représentations conditionnent l'emploi des langues, la plus ou moins grande propension des locuteurs à les utiliser dans divers contextes, leurs revendications en matière d'emploi des langues dans les médias, dans l'enseignement, sur les lieux de travail, etc., ce peut être même la survie de la langue qui se dessine différemment dans les divers pays. Le pronostic, s'agissant de la survie du francique, est différent ainsi selon la région considérée. On voit mal pourquoi il s'effriterait au Grand-Duché, où il a acquis statut de langue nationale, est perçu par les individus comme lié à leur identité et jouit d'une belle image. Il est en revanche menacé en Belgique et en France, où il n'a guère de visibilité dans le domaine formel, ne bénéficie que d'un faible soutien de la part des Etats, ne profite pas d'une même aura de légitimité identitaire, et se trouve concurrencé par le français. Sa position en Allemagne se décrit encore différemment : là-bas, c'est avec une langue apparentée qu'il coexiste, et la culture germanophone parait considérer les rapports entre langue et dialecte plus sur le mode de la complémentarité que de la concurrence (voir les contributions de Fernand Fehlen, et de Rispail et Moreau).
Il en va de même quand on compare la situation du catalan de part et d'autre de la frontière hispano-française : on parle de renaissance du catalan espagnol, cependant que la variété française présente divers indices de sa difficulté à se maintenir, avec cette particularité de la situation, mise en avant par Francis Manzano, que certains catalophones français ont à présent tendance à situer la légitimité linguistique en dehors de leur communauté, là où la langue présente la plus grande vitalité, là où elle a bénéficié d'un soutien institutionnel étatique. On a ainsi un bel exemple des rapports dialectiques qu'entretiennent représentations (étudiées ici, à propos du catalan, par Cécile Canut en particulier) et actions sur les langues, les premières conditionnant les secondes, tout en étant déterminées par elles.
C'est aussi l'intervention du politique qui détermine l'individuation des langues, qui répond à la question " Les pratiques linguistiques de notre communauté et celles de nos voisins constituent-elles deux langues distinctes ou deux variétés d'une même langue ? ". Sur ce point, on verra le travail d'Alain Viaut.
En dehors même de toute action politique sur les langues, les frontières étatiques exercent une influence dans le domaine linguistique. La plupart des structures de l'Etat (administration, enseignement, médias, monnaie…) organisent en effet la vie des citoyens et leur circulation en favorisant les relations intra-nationales, mettant en place les conditions propices à la formation d'identités de groupes, transcendées par une identité nationale. On doit s'attendre dès lors à voir la variation linguistique s'accentuer au passage des frontières. L'article de Marielle Rispail et Marie-Louise Moreau montre à tout le moins que les identités nationales se marquent nettement dans les variétés de langues - et sont repérées pour telles - dans les mêmes proportions pour le français et pour le francique.

Ce rapide examen, qui n'a pas pris en compte les frontières internes des langues (dont parle Alain Viaut), qui n'a pas abordé la manière dont les scientifiques peuvent gérer le caractère flou des délimitations linguistiques (rappelé par la plupart des contributions), qui a laissé de côté la manière dont les communautés nationales conçoivent la langue de leurs voisins (le point est étudié par Isabelle Léglise), etc. indique à tout le moins que cette thématique des frontières permet des approches diversifiées, et qu'elle constitue un poste d'observation particulièrement intéressant si on se préoccupe d'étudier l'impact des politiques linguistiques.

[1] Pour l'autre partie, on doit remonter à la période coloniale, où cette région était sous le contrôle de colons portugais. La situation participe donc à la fois de la catégorie " avant ", et de la catégorie " après ".

[2] On pourrait compléter " ou de l'absence de politique linguistique ". Mais on sait que le fait de ne rien décider au niveau politique quant à la gestion des langues est aussi une politique linguistique (Baggioni, 1996 ; Calvet, 1982 ; Chaudenson, 1996).

Bibliographie

BAGGIONI D., 1996, La " planification linguistique par défaut " dans la gestion du plurilinguisme après les indépendances : politiques linguistiques " in vivo " ou " in vitro " ? dans Juillard C., Calvet L.-J. (éds), Les politiques linguistiques, mythes et réalités, FMA, Beyrouth, pp. 23-29.
BAGGIONI D., 1997, Langues et nations en Europe, Payot, Paris.
CALVET L.-J., 1982, " Le bambara : planification par défaut au Mali ", dans Fodor I, et Hagège C. (éds), La réforme des langues, vol. I, Buske Verlag, Hambourg, pp. 281-287.
CHAUDENSON R., 1996, " Politique et aménagement linguistiques. Des concepts revisités à la lumière de quelques expériences ", dans Juillard C., Calvet L.-J. (éds), Les politiques linguistiques, mythes et réalités, FMA, Beyrouth, pp.115-126.

Table des matières

Marie-Louise Moreau : Avant-propos

2
Alain Viaut : La frontière linguistique de la ligne à l'espace : éléments pour une schématisation
6
Fernand Fehlen : Le " francique " : dialecte, langue régionale, langue nationale ?
23
Marielle Rispail, Marie-Louise Moreau : Francique et français : l'identification des accents de part et d'autre des frontières
47
Francis Manzano : Pratiques et représentations linguistiques à la marge sud du territoire français (Languedoc, Roussillon)
69
Cécile Canut : Dire la frontière, la subjectivité à l'œuvre. Quelques notes à propos de la frontière catalane
86
Isabelle Léglise : Langues frontalières et langues d'immigration en Guyane française : pratiques et attitudes d'enfants scolarisés en zone frontalière
108
Samantha Chareille : Aspects de la situation linguistique de l'Uruguay : le cas du portuñol
125
Claude Frey : Particularismes lexicaux et variétés de français en Afrique francophone : autour des frontières
136
Compte rendu - Isabelle Pierozak : Dominique Caubet, Les mots du bled, Paris, L'Harmattan, coll. " Espaces discursifs ", 237 p.
150

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Langues de frontières et frontières de langues

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Marie-Louise Moreau : Avant-propos

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Alain Viaut : La frontière linguistique de la ligne à l'espace : éléments pour une schématisation

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Fernand Fehlen : Le " francique " : dialecte, langue régionale, langue nationale ?

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Marielle Rispail, Marie-Louise Moreau : Francique et français : l'identification des accents de part et d'autre des frontières

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Francis Manzano : Pratiques et représentations linguistiques à la marge sud du territoire français (Languedoc, Roussillon)

résumé

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Cécile Canut : Dire la frontière, la subjectivité à l'œuvre. Quelques notes à propos de la frontière catalane

résumé

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Isabelle Léglise : Langues frontalières et langues d'immigration en Guyane française : pratiques et attitudes d'enfants scolarisés en zone frontalière

résumé

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Samantha Chareille : Aspects de la situation linguistique de l'Uruguay : le cas du portuñol

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Claude Frey : Particularismes lexicaux et variétés de français en Afrique francophone : autour des frontières

résumé

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Compte rendu - Isabelle Pierozak : Dominique Caubet, Les mots du bled, Paris, L'Harmattan, coll. " Espaces discursifs ", 237 p.

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Résumés

La frontière linguistique de la ligne à l'espace : éléments pour une schématisation par Alain Viaut

La contribution présentée ici est une approche typologique de la notion de frontière linguistique. Après avoir constaté la variabilité spatiale des ensembles que cette dernière est susceptible de circonscrire ainsi que son lien fort avec les identités nationales et régionales, sa description comme paradigme de différentes limites externes et internes est proposée. La frontière linguistique est ainsi vue comme une macro-notion comprenant une "exofrontière" regroupant les premières de ces limites, et une "endofrontière" caractérisée par les secondes. Un premier développement de l'"exofrontière" linguistique est ensuite proposé en relation avec la frontière politique et en tenant particulièrement compte des langues minoritaires. Cela concerne divers types de langues territorialisées, répandues. Il est enfin remarqué la relativité de la frontière linguistique, de la frontière "ligne", principalement évoquée dans ce texte, à la frontière "espace", déclinable en aire, front et zone, liée à la première et présentant des caractéristiques propres demeurant à préciser.

Mots clés : langue minoritaire, variation, dialecte, standardisation, identité, nation, région, construction nationale, autonomie.

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Le "francique" : dialecte, langue régionale, langue nationale ? par Fernand Fehlen

Contre toute tentation d'une explication essentialiste de la dynamique des langues, l'étude que nous proposons apporte la preuve de la pertinence d'une approche sociolinguistique : le même dialecte, le francique mosellan moyen, évoluera de façon différente selon que ses locuteurs sont les citoyens d'un Etat indépendant, le Luxembourg, ou qu'ils appartiennent à une région reculée d'un grand pays. Leur vernaculaire évoluera de façon différente, s'il est le dialecte d'une langue nationale et dominé par celle-ci, comme en Allemagne, ou s'il est doublement dominé comme dialecte d'une langue minoritaire dominée comme en Belgique et en France. Deux des quatre territoires seront traités en profondeur : pour le Luxembourg, nous ferons l'historique de l'accession du luxembourgeois au statut de langue nationale et nous présenterons son marché linguistique multilingue ; pour la Lorraine, nous contesterons la position qui veut faire du francique une langue millénaire.

Mots clés : francique mosellan moyen, luxembourgeois, marché linguistique, politique linguistique, frontières.

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Francique et français : l'identification des accents de part et d'autre des frontières par Marielle Rispail, Marie-Louise Moreau

Quelle connaissance des individus bilingues ont-ils à propos des différentes variétés de leurs langues ? Dans quelle mesure parviennent-ils à identifier la provenance géographique des locuteurs ? Quel rôle joue le statut des langues dans ces capacités de reconnaissance ? Pour nous aider à répondre à ces questions, des auditeurs bilingues francique / français de Belgique, en France et au Luxembourg, ont été invités à déterminer l'appartenance nationale de locuteurs belges, français et luxembourgeois, enregistrés en français et en francique.
L'analyse des données a pris en compte les proportions de réponses correctes, mais aussi les confusions. On peut noter, parmi les résultats importants, que le fait francique, pour les trois groupes d'auditeurs, est associé, dans des proportions toujours importantes, à la communauté luxembourgeoise. Les différences entre les variétés permettent aux individus d'identifier la nationalité des locuteurs dans une grande majorité des cas. Les proportions de réponses correctes varient selon les catégories de locuteurs et les catégories d'auditeurs, mais elles sont très semblables pour le français et le francique. La frontière linguistique entre France et Luxembourg est celle qui parait le plus accusée. C'est en effet celle qui suscite le moins de confusions, chez les auditeurs français et luxembourgeois, et dans une moindre mesure, chez les auditeurs belges.

Mots clés : francique, français, variation linguistique, accent, homogénisation linguistique, identification, plurilinguisme et frontières, identité, représentations, méthodologie d'enquête.

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Pratiques et représentations linguistiques à la marge sud du territoire français (Languedoc, Roussillon) par Francis Manzano

Les Pyrénées méditerranéennes ont constitué de longue date l'enjeu de conflits d'intérêts entre nations formées au nord (empire Franc, Royaume de France et République française) et Etats méridionaux (possessions arabo-musulmanes, mouvance aragonaise et catalane, Castille). Au bout du processus, les départements français de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, écartelés entre ces deux ensembles, ont pour caractéristique de constituer une zone de contact entre deux langues romanes de grande notoriété : la langue d'oc et le catalan. En outre, à ce contact entre deux langues dites aujourd'hui " régionales ", se superpose un deuxième type de contact, entre français et castillan cette fois.
Le conflit politique (et ethnolinguistique) s'est par ailleurs soldé par un déplacement moderne de la frontière (XVIIe) entre le Royaume de Castille et le Royaume de France. Ce changement de frontière a fait passer le Roussillon dans la zone d'intervention de la France, et l'un des résultats les plus nets est la mise à mal du catalan en territoire français, tandis que le languedocien, sans cesse affaibli depuis le Moyen Age, paraît de son côté au bord de l'extinction.
La participation des deux pays à l'Union européenne (qui relativise le poids des frontières traditionnelles) ne paraît pas, pour l'instant du moins, conduire à des solutions ethnolinguistiques régionales, à l'échelle du Golfe du Lion. Languedocien et catalan poursuivent, séparés, leur régression, tandis que la communication inter-romane régionale sur la base des langues nationales (français, espagnol) se révèle très faible et ne semble pas devoir se modifier positivement pour l'instant.

Mots clés : Sociolinguistique, usage des langues, frontières de langues, frontières d'États, Pyrénées, langues régionales, catalan, languedocien, français, castillan.

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Dire la frontière, la subjectivité à l'œuvre. Quelques notes à propos de la frontière catalane par Cécile Canut

La frontière, en tant qu'élément constitutif de toute subjectivité, est une dimension inhérente à la perception des phénomènes langagiers par les locuteurs. Ainsi, dans les discours épilinguistiques, cette notion trouve des métaphorisations plurielles selon les positionnements subjectifs de chacun en fonction des données politiques, sociales, idéologiques, familiales, contextuelles, etc. Dans le cas d'une mise en frontière nationale comme celle de la Catalogne française, la dimension de territorialisation en lien au politique (dimension régionale et/ou nationale), entraîne des discours homogénéisants. Toutefois la "mise en mots" de la frontière dans les discours reste fluctuante. A partir d'un petit corpus d'interactions entre des étudiants catalans et leurs proches, cet article vise très modestement à ouvrir quelques pistes quant à la problématique de la frontière nationale.

Mots clés : catalan, discours épilinguistiques, idéologie, frontière, subjectivité.

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Langues frontalières et langues d'immigration en Guyane française : pratiques et attitudes d'enfants scolarisés en zone frontalière par Isabelle Léglise

Cet article interroge l'influence des frontières sur les répertoires linguistiques d'enfants scolarisés, sur leurs souhaits d'apprentissage et leurs attitudes linguistiques, en particulier par rapport aux langues de l'immigration. Il se base sur une large enquête en milieu scolaire menée en Guyane française et compare les résultats obtenus dans deux situations frontalières : St Georges de l'Oyapock, à la frontière du Brésil et St Laurent du Maroni, à la frontière du Surinam. Il montre comment la situation frontalière des lieux d'enquête, associée à d'autres critères, modifie largement, dans certains cas, des données macrosociolinguistiques (hiérarchie des langues dans les échelles de valeur, transmission familiale des langues, véhicularité etc.), et comment, dans d'autres, elle semble jouer un rôle mineur.

Mots clés : Sociolinguistique, Guyane, langues frontalières, langues régionales, langues de l'immigration, vernaculaires, véhiculaires, école.

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Aspects de la situation linguistique de l'Uruguay : le cas du portuñol par Samantha Chareille

Jusqu'aux dernières décennies, sous l'influence des écoles philologiques traditionnelles espagnoles et de la Real Academia de la Lengua de Madrid, la grande majorité des études linguistiques consacrées à la langue espagnole en Amérique a porté sur des thèmes classiques tels que les variantes régionales. L'introduction vers 1950 de la notion de "contact" dans le domaine de la linguistique a ouvert le champ à de nombreuses études sur les bilinguismes et sur l'influence qu'une langue peut avoir sur une autre avant tout par les emprunts que celle-ci lui fait. Elle a également permis de constater que contrairement à un certain nombre d'idées reçues, le panorama linguistique de l'Amérique latine, loin d'être homogène, se caractérisait, entre autres, par la cohabitation de l'espagnol avec de nombreuses variétés linguistiques souvent non fixées. C'est ainsi que l'on a commencé à s'intéresser aux phénomènes de contacts de langues dans les zones frontalières comme la région uruguayo-brésilienne dont le panorama linguistique met en scène, dès la moitié du XIXe siècle, un recul de l'espagnol au profit d'une interlangue connue sous le nom de portuñol. C'est précisément sur ce parler que nous allons nous pencher afin de montrer que l'Uruguay, dans sa quête de l'unification linguistique, a toujours pratiqué des politiques linguistiques fondées sur le mode de la non-intervention.

Mots clés : Uruguay, langue(s), culture(s), Amérique latine, politique(s), aménagement, linguistique, Etat(s), nation(s), dialecte, portuñol, fronterizo, D.P.U.

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Particularismes lexicaux et variétés de français en Afrique francophone : autour des frontières par Claude Frey

L'extension des variétés de français en Afrique ne correspond pas toujours au découpage précis mais souvent arbitraire des frontières politiques : tous les mots ne sont pas des statalismes enfermés dans les limites d'un Etat-nation. C'est, au contraire, des ensembles culturels régionaux ou panafricains qui déterminent, avec une précision parfois toute relative, les contours diatopiques de nombreuses variantes, et par suite, ceux plus relatifs encore des variétés de français. L'extraction des lexies communes à plusieurs pays, basée sur la comparaison des différents inventaires lexicaux publiés à ce jour, permet de mesurer le hiatus entre les frontières politiques, produit d'une décision, et le corpus des variétés, produit des usagers en relation avec leur environnement spécifique.
L'approche méthodologique consentie par les différents descripteurs est tributaire de ce constat, et pourra, en fonction des options choisies, s'orienter vers des descriptions dichotomiques liées aux approches variationnistes, ou des représentations graduelles proches de la sociolinguistique interprétative.

Mots clés : Afrique, frontière, culture, variété, variante, statalisme, dichotomie, continuum.

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Dernière mise à jour :

25 janvier 2010

 

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