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Revue de sociolinguistique
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Université de Rouen

Laboratoire Dylis


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contributions

 


Sommaire





   glottopol@gmail.com

 

ISSN : 1769-7425

 

 

Numéro 30 : Le plurilinguisme en contextes asiatiques : dynamiques et articulations
Numéro 31 : Accents du français : approches critiques
Conseils aux auteurs

Numéro 30

Le plurilinguisme en contextes asiatiques : dynamiques et articulations 

Numéro coordonné par Fabienne Leconte, Vasumathi Badrinathan, Gilles Forlot(Université de Rouen, Université de Mumbai et INALCO)

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1) Hi, what did you guys do yesterday when I was not around ?
Bait. It was a good class.
Kidhar thee? Maaza kadé notes ahéth…
Arré wow, thanks yaar !

2) Wah lau ! Why you say 6-2 is 2 mah ? You bodoh leh! Must study harder lah.

Le premier extrait présenté ci-dessus représente un dialogue quotidien dans une salle de classe à Mumbai (grande ville cosmopolite indienne), entre jeunes étudiants. Une rencontre entre plusieurs langues (anglais, hindi, marathi) révélant une polyglossie ordinaire et un exemple du métrolinguisme tel que décrit par Pennycook et Otsuji (2015). Le second extrait transcrit l’exclamation d’un jeune Singapourien face à l’erreur de calcul de l’un de ses camarades. On y entend ce que l’on a coutume d’appeler le singlish, forme locale de l’anglais témoignant, par l’usage d’une prosodie particulière, de particules et de lexèmes provenant de différentes langues chinoises et du malais, des intenses contacts de langues dans la région depuis des générations. Nous pourrions multiplier les exemples en ayant recours à d’autres contextes : philippin, malaisien, hongkongais, etc., qui attestent de l’emploi au quotidien de variantes de contact. Ces deux exemples illustrent des formes de plurilinguisme en contextes asiatiques où une langue européenne semble occuper un espace particulier.

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Historiquement, le contexte asiatique atteste d’une présence ancienne d’un multilinguisme[1] reconnu par la société et parfois institutionnalisé par les gouvernements (Ferguson, 1996 ; Weber, 2014). À ce multilinguisme originel sont venues s’ajouter des langues apportées par les migrations, les colonisations puis la mondialisation. Celles-ci occupent différents espaces et fonctions dans un contexte d’échanges accrus. Parallèlement, la construction moderne des Etats-Nations a contribué à la diffusion des langues ayant différents niveaux d’officialité. Les rapports de force ont été modifiés. Le multilinguisme et le plurilinguisme se caractérisent alors par la présence d’une multitude de langues mais également par des dynamiques nouvelles entre les langues qui évoluent à la faveur de ces changements. Ces dynamiques peuvent être analysées différemment selon les chercheurs : ainsi Montaut (2001) qualifie le plurilinguisme indien de fluide, prenant le contre-pied d’une description conflictuelle des situations de plurilinguisme (Calvet, 1999 [1987]).

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Alors qu’à l’heure actuelle l’Europe revisite le plurilinguisme dans un contexte renouvelé et recréé par des facteurs tels l’immigration et la reconnaissance des langues minoritaires et régionales, plusieurs pays asiatiques sont multilingues depuis leur indépendance. Le multilinguisme qui y existe est accepté comme étant naturel et spontané dans des pays comme l’Inde (Montaut, 2001). Précisons néanmoins qu’il existe des conflits linguistiques provoqués par des facteurs politiques, notamment par l’imposition de la langue nationale ou la vague de régionalisme orienté vers la sauvegarde des langues locales au détriment de l’anglais. Ces conflits vont au-delà d’un simple « ressentiment psychologique », comme nous le rappelle Nayar (1969), car ils soulignent d’un côté la situation avantageuse pour ceux qui maîtrisent ces langues et de l’autre, le « fardeau de discrimination » vis-à-vis des autres. Pour autant, les diasporas, les migrations, les mobilités étudiantes transforment radicalement les paysages linguistiques, y compris dans des pays réputés monolingues comme le Japon ou la Corée (Martinez, 2013).

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D’autres pays, plurilingues historiquement, ont connu dans les dernières décennies des politiques de construction nationale par la diffusion d’une langue commune (par ex. l’Indonésie), d’homogénéisation linguistique (cf. la République populaire de Chine ou Singapour), voire des tentatives de « monolinguisation » ou de « bilinguisation » postcoloniale (cf. respectivement la Malaisie et Singapour). Ces tendances induisent souvent des déséquilibres sociaux et des tensions qui perdurent autour de questions de politiques linguistiques, notamment éducatives. L’enjeu, pour les diverses communautés en présence, est souvent celui de la langue imposée comme celle de la nation indépendante (cf. Hong Kong et la place conflictuelle du mandarin et du cantonais ; les Philippines et les débats qui s’y jouent sur l’identification de la langue nationale ; la place du hindi dans le sud de l’Inde…) et, par extension, celui de la place des langues locales et/ou des langues ex-coloniales dans l’enseignement. Ces tensions sont manifestes par exemple en Asie du Sud Est (Rappa et Wee 2006 ; Lee et Suryadinata 2007), notamment vis-à-vis de la place du français au Vietnam et au Laos et de celle de l’anglais en Malaisie et aux Philippines. Se pose aussi la question de l’anglais nativisé (Kachru, 1985), de l’Inde aux Philippines en passant par Singapour et Hong Kong ou de son enseignement comme langue internationale, comme en témoigne l’exemple récent des politiques scolaires favorisant l’anglais comme langue de scolarisation en Birmanie ; sur ce point et sur l’ASEAN en particulier, voir Kirkpatrick, 2010.


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Ces contextes interrogent de nombreuses notions et concepts majeurs en sociolinguistique. On pourrait citer par exemple l’opposition langue / dialecte à propos de la Chine ; la notion même, ici et là, de langue minoritaire ; celle de communauté linguistique ou sociale qui peut être interrogée au travers de la situation des locuteurs de langues chinoises en Malaisie, à Singapour et en Indon&eacutu;sie& n peut aussi réfléchir à la place et au rôle de l’anglais comme langue véhiculaire du continent, y compris pour des pays comme le Vietnam où le statut de langue (post)coloniale est complexe. Le rapport aux ex-puissances coloniales pose aussi la question la question de la prise en compte du travail de l’histoire dans et par les langues, notamment celles des ex-colonisateurs. D’un autre point de vue, on peut s’interroger sur les rapports des ex-puissances coloniales à leurs anciennes colonies. Selon quelles modalités, les pays ex-colonisateurs reconfigurent leur présence y compris linguistique dans leurs anciennes colonies ? Avec quelles conséquences ?

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À ces complexités sociolinguistiques des pays asiatiques s’ajoute la question de l’enseignement des langues étrangères, y compris européennes. Cet enseignement fait souvent peu de cas de la diversité des répertoires des apprenants. Les situations sont très diversifiées dans les classes où les enseignants emploient les méthodologies les plus diverses : des plus traditionnelles comme l’utilisation du Mauger bleu (1953-1957) pour le français aux plus récentes, souvent importées/adaptées de l’occident, comme la perspective actionnelle. Les difficultés rencontrées dans l’application de méthodologies éducatives venues de l’occident ont contribué à la réflexion sur les cultures éducatives et cultures d’enseignement particulièrement féconde dans les années 2000 (Pauzet, 2002 ; Beacco et al., 2005 ; Cortier, 2005). Les apprenants asiatiques, chinois et japonais surtout,  représentent alors une figure de l’altérité, ce qui a pu mener à des formes de culturalisme stéréotypé, l’Orient étant alors présenté comme « traditionnel » opposé à la modernité occidentale. A succédé à cette opposition une réflexion sur les contextualisations du CECRL (Castellotti et Nishiyama, 2011) qui vise une critique de fond de l’universalisme méthodologique. Ainsi, aux syncrétismes langagiers illustrés plus haut, correspondent ou non des syncrétismes dans les politiques et habitudes éducatives que l’on retrouve aux différents échelons des sociétés : dans les instructions officielles jusque dans les salles de classe.


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Ce numéro souhaite interroger l’articulation entre situations sociolinguistiques plurilingues et didactique des langues, y compris du FLE dans des contextes asiatiques. Ces contextes nous apparaissent en effet peu documentés dans la littérature académique francophone à l’inverse d’autres contextes continentaux (africains et américains), qui pour des raisons historiques, ont contribué à construire la réflexion sociolinguistique et didactique francophone. Ce sera donc l’occasion d’éprouver des modèles et des approches construites précédemment. Pour ce faire, les échanges et les dialogues interdisciplinaires sont les bienvenus. Ainsi, bien que cet appel à contributions s’adresse en priorité aux sociolinguistes et didacticiens des langues, des textes soumis par des chercheurs venant d’autres horizons (anthropologues, géographes, historiens, etc.) seront appréciés.

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Axes de travail


Les propositions de textes pourront s’articuler autour des axes de travail suivants :

Dynamiques des plurilinguismes et constructions identitaires. Articulations entre langues et territoires

On s’intéressera dans cet axe à mieux connaître les usages et les perceptions du multilinguisme des Etats et du  plurilinguisme des citoyens dans les mondes postcoloniaux. Sera interrogée notamment la place prise par la langue de l’ex-puissance coloniale dans ses relations avec les langues du pays. Les situations s’organisent selon des statuts différents et des prestiges inégaux dans des dynamiques qu’il convient d’éclairer. Une attention particulière sera portée aux situations urbaines révélatrices des dynamiques plurilingues.
Ces questions peuvent être illustrées par l’exemple de l’Inde considérée comme un des modèles du multilinguisme avec entre 800 et 1600 langues (selon les sources). Bien que l’hindi soit nommé langue officielle à côté de l’anglais, « il s’agit d’un pays où une seule langue ne peut définir son statut de nation » (Annamalai, 2008). La correspondance langue / territoire mise en avant dans les politiques linguistiques actuelles en Inde garde sa puissance symbolique et politique alors que la dispersion de la population sur tout le territoire de la nation rend caduc le bornage du territoire tel qu’il est mis en place par les politiques linguistiques actuelles.

D’autres situations asiatiques présentent des traits à la fois comparables et différents où les questions conflictuelles et altéritaires sont toujours présentes à des degrés divers dans les dynamiques plurilingues.


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Politiques linguistiques et éducatives

Dans des contextes multilingues, les institutions étatiques mettent en place des politiques destinées à organiser la place dévolue à chacune des langues en présence. Les langues medium d’enseignement et objet d’enseignement sont souvent choisies en amont de l’établissement voire imposées à celui-ci. Cet axe accueillera des contributions analysant les différentes politiques linguistiques et éducatives, y compris dans leurs dimensions historiques, et leur impact sur les pratiques de formation.

On s’intéressera ici aux positionnements des institutions vis-à-vis du plurilinguisme des apprenants. En effet, les institutions éducatives dans ces contextes multilingues peuvent s’adapter afin de prendre en compte et développer le plurilinguisme des élèves ou, à l’inverse, rester attachées à la vision d’un enseignement cloisonné des langues, sans mouvement ou dialogue entre elles. La plupart des situations se situent entre ces deux pôles sans pour autant qu’il y ait toujours adéquation entre les politiques linguistiques et éducatives des institutions et les pratiques, diversifiées elles aussi en fonction du type d’établissement et du public. On s’interrogera d’une part sur les tensions entre les prescriptions in vitro et les pratiques in vivo articulées aux différents échelons des sociétés et, d’autre part, sur les positionnements des différents acteurs éducatifs. La diversification ou non de l’offre de langues locales et étrangères dans les systèmes éducatifs peut aussi être étudiée en lien avec les choix affichés.

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Syncrétismes méthodologiques et prises en compte du plurilinguisme

La diffusion du CECRL en Asie dans des contextes souvent plurilingues a été favorisée par l’importance prise par les niveaux communs de référence, notamment pour la poursuite d’études à l’étranger dans des pays occidentaux. Cela a conduit à de nombreux syncrétismes méthodologiques entre adhésion, injonctions parfois contradictoires, séductions, impositions.

Les classes de langue sont alors des laboratoires de rencontres hétérogènes, linguistiques et culturelles. On s’intéressera dans cet axe à la présentation de recherches portant sur les réceptions du CECRL, ses adaptations, ses contextualisations. Des études historiques et anthropologiques sur les pratiques d’enseignement dans cette région du monde pourront éclairer les situations actuelles. On présentera aussi dans cet axe des démarches destinées à favoriser la mise en place d’une compétence plurilingue et pluriculturelle chez les apprenants, telle que définie par le CECRL comme plurielle, composite et évolutive et aux éventuelles résistances rencontrées. Seront investiguées par exemple les démarches mettant en œuvre les TICE pour promouvoir le plurilinguisme. La pression normative et monolingue peut être moindre dans certains usages médiés. D’autres recherches portant sur des démarches prises en charge par les locuteurs telles que les expériences d’enseignement des langues dans les diasporas, ou novatrices comme les approches plurielles, trouveront leur place ici.


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Bibliographie

Annamalai, A., 2008, « Contexts of Multilingualism », In Kachru, B., Kachru, Y., Sridhar, S.N., (dirs.), Language in South Asia, New York, Cambridge University Press, pp. 223-234.
Beacco, J-C., Chiss J-L., Cicurel F., Véronique D., 2005, Les cultures éducatives et linguistiques dans l’enseignement des langues, Paris, PUF.
Calvet, L.-J., 1999 [1987], La guerre des langues et les politiques linguistiques, Paris, Hachette.
Castellottti, V. et Nishiyama N., 2011, Contextualisations du CECR. Le cas de l’Asie du Sud-Est, Français Dans le Monde Recherches et Applications N°50.
Cortier, C., 2005, « Cultures d’enseignement/cultures d’apprentissage : contact, confrontation et co-construction entre langues-cultures », ELA, Etudes de linguistique appliquée N° 140 2005/4, pp. 475-489.
Coste, D., 2010, « Diversité des plurilinguismes et formes de l’éducation plurilingue et interculturelle », dans Castellotti V., (dir.), Les plurilinguismes, Notions en questions en DDL, Vol 7 N° 1, pp. 141-165.
Ferguson, C., 1996, Sociolinguistic perspectives: Papers on language in society, 1959-1994, Ed. by Thom Huebner, Oxford & New York, Oxford University Press.
Kachru, B., 1985, « Standards, codification, and sociolinguistic realism: the English language in the Outer Circle », dans R. Quirk & H.G. Widdowson (dir.), English in the World : Teaching and Learning the Language and Literatures, Cambridge, CUP, pp. 11-30.
Kachru, B., Kachru, Y., Sridhar, S.N., 2008, Language in South Asia, New York/Cambridge, CUP .
Kirkpatrick, A., 2010, English as a Lingua Franca in ASEAN. A Multilingual Model, Hong Kong, Hong Kong University Press.
Lee, H. G. et Suryadinata, L., (dirs), 2007, Language, Nation and Development in Southeast Asia, Singapour, ISEAS.
Martinez, P., (dir.), 2013, Dynamique des langues, Plurilinguisme et Francophonie. La Corée, coll. « Actes académiques », Paris, Riveneuve.
Mauger, G., 1953-1957, Cours de Langue et de Civilisation française, T1 à 4, Paris, Hachette.
Montaut, A., 2001, « Diaspora des langues en contexte multilingue : l’Asie du Sud », Faits de Langue 18, pp. 53-65.
Nayar, B. Raj., 1969, National Communication and Language Policy in India, New York, Frederick A Praeger Publishers.
Pauzet, A. 2002, (coord.), Habitudes culturelles d’apprentissage dans la classe de français langue étrangère, Angers, Les éditions de l’UCO.
Pennycook, A., Otsuji, E., 2015, Metrolingualism : Language in the city, New York, Routledge.
Rappa, L., Wee, L., 2006, Language Policy and Modernity in Southeast Asia, New York, Springer.
Weber, J.-J., 2014, Flexible Multilingual Education, Bristol, Multilingual Matters.

 

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Note

[1]Nous différencions après Coste (2010) le multilinguisme vu comme la cohabitation entre plusieurs langues dans un même espace étatique du plurilinguisme considéré comme la maitrise par un individu de plusieurs langues à des degrés divers.

Remise des textes

En fichier attaché (voir conseils aux auteurs) en cliquant ici : envoi contribution au n°30, ou en recopiant les adresses suivantes : fabienne.leconte@univ-rouen.fr, gilles.forlot@inalco.fr, vasu@vasumathi.net, glottopol@gmail.com

Pour le  : le 30 avril 2017.


Prolongements

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Numéro 31

Accents du français : approches critiques 

Numéro coordonné par Marie Candea, Gaëlle Planchenault, Cyril Trimaille (Universités de la Sorbonne Nouvelle Paris 3, Simon Fraser University et Université Grenobles-Alpes)

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Ensemble souvent flou et hétérogène de traits phoniques (« loose bundles of prosodic and segmented features distributed over geographic and/or social space », Lippi-Green 1997 : 142), la notion d’« accent » est souvent invoquée dans les discours ordinaires autant, voire plus, pour ce qu’elle symbolise que pour sa réalité phonétique. Quel que soit l’acteur social qui en est à l’origine, catégoriser une pratique comme « un accent », en méconnaissant les potentielles variations stylistiques, permet de la rendre visible et de la minorer en l’associant à un stigmate social et, corolairement, de rendre invisibles d’autres pratiques considérées comme non marquées qui jouiront d’un statut valorisé par défaut (« sans accent »). « Avoir un accent régional, dans un pays marqué par une idéologie centralisatrice et monolingue, c’est être enfermé (par ceux qui dénient avoir un accent) dans une altérité sinon dégradante, du moins folklorique, risible et peu sérieuse. » (Gasquet-Cyrus, 2012 : 241).

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En français, les locuteurs et locutrices légitimes (au sens de Bourdieu) n’ont pas d’accent ; pour caractériser la variabilité de leurs prononciations, on parle plus volontiers de style. En effet, à l’opposé du processus sémiotique qui rend l’accent saillant et conduit à le minorer, catégoriser une pratique comme un style permet de la rendre visible et de la valoriser, de l’associer à une forme d’agentivité distinctive, à un mérite ou à une originalité.
Or, que l’on parle d’accents (étrangers ou régionaux) ou de styles de parole, on parle en premier lieu de processus de catégorisation des êtres humains eux-mêmes. L’utilisation de la catégorie accent revient à focaliser l’attention sur les déterminismes que subissent les individus concernés, à escamoter leur agentivité, leur capacité d’affiliation et leur aptitude à la variation stylistique ; l’utilisation de la catégorie style revient à focaliser, au contraire, l’attention sur l’agentivité et la recherche d’individuation et à ignorer tous les déterminismes subis par ailleurs. L’étude de la prononciation devrait dès lors prendre en compte la complexité des processus de catégorisation des êtres humains et intégrer une approche dialectique de l’agentivité et des déterminismes.
Nombre de locuteurs partagent une connivence tacite sur le fait de savoir qui a un accent et qui n’en a pas, comme s’il s’agissait d’un phénomène directement observable et mesurable sur une échelle objective. Pour Boyer (2015 : 12), « si l’“accent” relève bien de la variation sociolinguistique, il relève surtout d’une évaluation de cette variation faite par les usagers de la langue, singulièrement par ceux qui pensent ne pas avoir d’“accent” ». Rarement ces usagers ont-ils conscience de ce mythe qu’est « l’absence » d’accent (Lippi-Green 1997) ou de percevoir cette variation au travers des cadres idéologiques et culturels dans lesquels ils/elles sont socialisé.e.s.

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Bien qu’il fonctionne comme un acte de localisation[1 ] (Auer, 2013 : 10) et qu’il soit donc souvent associé de façon exclusive à une dimension spatiale, un accent régional est aussi un phénomène éminemment social. Si c’était un phénomène strictement territorial, sans doute n’y aurait-il pas de territoires « sans accent », et l’origine géographique de tout locuteur pourrait être aisément inférée sur la base de sa prononciation. En outre, la stratification sociale étant le plus souvent territorialisée, notamment en Europe, on constate une forte tendance à effacer (au sens de Gal et Irvine)[2] la dimension sociale des habitudes de prononciation présentées comme régionales (en Belgique, en France, en Suisse) ou locales/spatialisées. Par exemple, le syntagme « accent de banlieue » repose sur un double processus d’iconisation et d’euphémisation qui permet de désigner des locuteurs sans faire référence à leur origine sociale et sans avoir recours à une racialisation explicite. Ces processus d’effacement permettent de ne jamais parler d’accent social et de ne jamais parler d’accent de pouvoir, ce qui mérite d’être questionné.

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Ce numéro propose donc d’étudier ce qu’on appelle communément « les accents » à travers des approches qu’on peut qualifier de sociolinguistiques critiques (Heller 2002, Heller et Duchêne 2012), et en se réclamant des théories américaines de l’anthropologie linguistique (Irvine et Gal 2000, Woolard 2008), ou encore de ce que Penelope Eckert désigne comme la troisième vague de la sociolinguistique (« arguing that (a) variation constitutes a robust social semiotic system, potentially expressing the full range of social concerns in a given community » - Eckert 2012). La notion d’accent demeure ambigüe et nécessite d’être davantage conceptualisée et problématisée. Malgré le fait que l’« accent » soit utilisé comme catégorie de sens commun, censée s’imposer à l’observation comme une évidence, sa consistance empirique peut même être remise en question (Gasquet-Cyrus 2010, Candea 2017). Dans la mesure où il représente en fait le résultat d’une construction idéologique, culturelle et sociale qui opère dans différentes sphères (sociales, institutionnelles, médiatiques, etc.), l’accent est une catégorie qui peut être négociée, voire réappropriée, par les locuteurs concernés (Planchenault 2012, 2015).

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Avant d’être envisagés en termes phonétiques, les accents seront envisagés en termes :
- d’appartenance et d’affiliation, d’allégeance et de loyauté (à une communauté géographique ou à un groupe social).
- d’authenticité et de légitimité : l’accent est tantôt évalué en termes de qualité et en relation avec ce qui est considéré comme une norme nationale, régionale ou sociale, tantôt instrumentalisé par les locuteurs eux-mêmes comme par des acteurs institutionnels ou économiques comme gage d’authenticité et/ou comme valeur marchande.

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Grâce notamment aux données rassemblées les quinze dernières années par les enquêtes du projet PFC (Phonologie du français contemporain), nous disposons à présent d’un grand nombre d’observations empiriques sur la variation phonétique régionale en français, dans la francophonie (Durand, Laks, Lyche 2009, Simon 2012). Mais les descriptions phonétiques des variantes de prononciation ne permettent pas, à elles seules, de comprendre les dimensions discriminatoires ou les évaluations péjoratives indissociables de l’identification d’un « accent » en français, ni de comprendre le rôle des habitus langagiers dans le maintien versus la contestation des hiérarchies et des normes. Pour comprendre les dynamiques en cours, il est nécessaire d’analyser la mise en place des consensus apparents au sujet des accents à travers l’étude de la production langagière, de la perception de la parole, et des idéologies partagées.
C’est dans ce cadre que les études détaillées sur les dynamiques en cours (nivèlement ou différenciations, Boughton 2005, Remysen 2016) dans la production ou la perception des « accents » pourront prendre tout leur sens.

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Axes de travail

Les propositions de textes, études de cas et contributions théoriques, pourraient s’articuler autour des axes de travail suivants.

L’accent comme lieu d’actualisation des rapports sociaux (de solidarité, de domination, de séduction ou de répulsion...) :
- Légitimité et accès à des ressources ou à des positions de pouvoir des locuteurs avec/sans accent : capital culturel et valeur symbolique des accents.
- Discrimination fondée sur l’accent, glottophobie, « accentism » (terme défendu par A. Baratta, http://accentpride.co.uk/), native-speakerism comparaison avec d’autres types de discriminations (fondées sur la race, l’ethnicité, le sexe, etc.).
- Commodification des accents dans les médias (par exemple cinéma, chanson, publicité), et de manière générale sur le marché de la culture (marchandisation de l’authenticité) : valeur économique des accents.
- Performances d’accents, appropriation culturelle, réappropriations : logiques de profit et de fierté (Heller et Duchêne, 2012).
- Accents régionaux et/ou sociaux et genre : influence des normes genrées sur la production et la perception des accents, négociation de ces normes dans l’interaction.

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Dynamiques des accents dans les différentes aires francophones :
- Perspective diachronique : évolutions des accents (tendances au nivèlement, tendances à la différenciation) dans un pays, une région, ou une zone géographique (quartier, etc.), négociations, conflits, discours sur la perte ou le maintien etc.
- Études faites dans différentes sphères sociales : école, médias, productions artistiques, accès à l’emploi, marché du travail.

Relations entre accent et identité :
- Agentivité des locuteurs et locutrices, capacité à apprendre ou désapprendre un accent en relation avec le mythe du locuteur « natif » ou « authentique »
- Analyse de l’accent en termes de variation stylistique, positionnement des locuteurs par rapport à la variation entre différents accents ou à la capacité à inhiber vs exagérer un accent
- Analyse des discours épilinguistiques sur l’accent comme caractéristique intrinsèque des personnes ou comme performance, sur l’acquisition ou sur la perte.
- Ambivalence des valeurs associées aux accents (positive, négative, variable)

Nous encourageons des soumissions s’inscrivant dans différents cadres théoriques qui problématisent les processus de catégorisation sur lesquels repose l’identification des accents.

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Références bibliographiques
Auer, Peter (2013). « The Geography of Language: Steps toward a New Approach ». FRAGL: Freiburger Arbeitspapiere zur Germanistischen Linguistik (16). http://portal.uni-freiburg.de/sdd/fragl/2013.16.
Boudreau, Annette (2016). À l’ombre de la langue légitime. L’Acadie dans la francophonie. Paris, Classiques Garnier.
Boyer, Henri (2015). « Vous venez d’où pour avoir cet accent ? » Lengas, 77.
Boughton, Zoë (2005). « Accent levelling and accent localisation in northern French: Comparing Nancy and Rennes ». Journal of French Language Studies 15 (03): 235-56.
Bucholtz, Mary (2003). « Sociolinguistic nostalgia and the authentification of identity ». Journal of Sociolinguistics, 7(3) : 398-416.
Candea, Maria (2014). « Discours sociolinguistiques et discours profanes face à la variation stylistique dans la prononciation du français ». Lidil. Revue de linguistique et de didactique des langues, no 50 : 45-61.
Candea, Maria (2017). La notion d’« accent de banlieue » à l’épreuve du terrain. Glottopol, n°29.
Coupland, Nikolas (2001). « Language, situation and the relational self: theorizing dialect-style in sociolinguistics ». Dans Penelope Eckert et John R. Rickford (eds), Style and Sociolinguistic Variation, Cambridge: Cambridge University Press, 185-210.
Eckert, Penelope (2012). « Three Waves of Variation Study: The Emergence of Meaning in the Study of Sociolinguistic Variation ». Annual Review of Anthropology, 41: 87-100.
Eckert, Penelope (2016). « Variation, meaning and social change ». Dans : N. Coupland (Ed.), Sociolinguistics: Theoretical Debates, Cambridge: Cambridge University Press. pp. 68-85.
Fries, Susan et Christine Deprez, (2003). « L’accent étranger : identification et traitement social en France et aux Etats-Unis », dans Jacqueline Billiez, Didier de Robillard(éds.), Français : variations, représentations et pratiques, ENS Editions, 89‑105.
Gasquet-Cyrus, Médéric (2010). « L’accent : concept (socio)linguistique ou catégorie de sens commun », dans H. Boyer (dir.), Pour une épistémologie de la sociolinguistique, Limoges, Lambert-Lucas : 179-188.
Gasquet-Cyrus, Médéric (2012). « La discrimination à l’accent en France : idéologies, discours et pratiques », Carnets d’Atelier de Sociolinguistique, 6 : 227-246.
Heller, Monica (2002). Éléments d’une sociolinguistique critique. Paris, Éditions Didier.
Heller, Monica & Alexandre Duchêne (2012), Language in Late Capitalism : Pride and Profit, Routledge.
Irvine, Judith & Susan Gal (2000). « Language ideology and linguistic differentiation », in P. V. Kroskrity (ed.), Regimes of language: Ideologies, polities, and identities, Oxford, James Currey, 35-83.
Jaffe, Alexandra (2013). « Sociolinguistic diversity in mainstream media: Authenticity, authority and processes of mediation and mediatization ». Dans Helen Kelly-Holmes et Tommaso M. Milani (eds), Thematising Multilingualism in the Media, 562-586. John Benjamins.
Jodelet, Denise (1989). « Représentations sociales : un domaine en expansion ». In D. Jodelet (éd.), Les représentations sociales, Paris : Presses Universitaires de France, 31-61.
Lippi-Green, Rosina (2012 [1997]). English with an accent. Routledge.
Planchenault, Gaëlle (2012). « Accented French in films: Performing and evaluating in-group stylisations. Multilingua 31 (2-3) : 253-275.
Planchenault, Gaëlle (2015). Voices in the Media: Performing French Linguistic Otherness. London: Bloomsbury.
Rampton, Ben (1990).« Displacing the ‘native speaker’: expertise, affiliation, and inheritance ». ELT Journal 44 (2) : 97-101
Remysen, Wim (2016) « Langue et espace au Québec : les Québécois perçoivent-ils des accents régionaux ? », Lingue, culture, mediazioni, Milan (Italie), numéro spécial (Espaces réels et imaginaires au Québec et en Acadie : enjeux culturels, linguistiques et géographiques, dirigé par Dino Gavinelli et Chiara Molinari), 31-57.
Simon, Anne Catherine (2012). La variation prosodique régionale en français. Bruxelles : De Boeck Duculot.
Trimaille, Cyril, Maria Candea, et Iryna Lehka-Lemarchand (2012). « Existe-t-il une signification sociale stable et univoque de la palatalisation/affrication en français ? Étude sur la perception de variantes non standard », Actes du CMLF. Lyon.
Trimaille, Cyril, et Jacqueline Billiez (2007). « Pratiques langagières de jeunes urbains : peut-on parler de « parler » ? ». In Les français en émergence, édité par Chiara Molinari et Enrica Galazzi, Berne: Peter Lang, 95-109.
Woolard, Kathryn (2008). « Why dat now?: Linguistic-anthropological contributions to the explanation of sociolinguistic icons and change ». Journal of Sociolinguistics 12(4): 432-452.

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Calendrier

Possibilité d’envoi de propositions résumées avant mi-novembre pour notification d’acceptation : mi-décembre 2017. Cette procédure, facultative, permet d’avoir un premier retour des éditeurs du numéro mais n’engage pas la recevabilité des textes qui seront soumis à double expertise en anonyme à compter de mai 2018.
Réception des articles complets : fin avril 2018
Publication prévue pour janvier 2019


[1] Pour Auer, un acte de localisation est un « processus par lequel un locuteur produit des signes linguistiques dotés d’une valeur indexicale qui peut être interprétée en termes géographiques et un processus par lequel le récepteur de ces signes les interprète comme indice d’un certain lieu ou espace ».

[2] On peut penser également aux effets de distorsion ou de défalcation mis en évidence dans l’étude des représentations sociales (Jodelet, 1990).

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Conseils aux auteurs

Si vous désirez nous envoyer une proposition de contribution, veuillez lire attentivement les informations suivantes.

Acheminement des contributions

Les contributions doivent nous parvenir sous la forme de fichiers attachés àun courrier électronique. Elles doivent répondre aux appels à contribution annoncés (Glottopol n'a pas de rubrique Varia).

Les contributions doivent être écrites dans la mesure du possible en français. De même les citations d'auteurs étrangers doivent être traduites en français en note ou dans le texte (avec le texte d'origine en note). Toutefois, sous réserve de la disponibilité des membres de notre comité de rédaction compétents, nous acceptons les contributions rédigées en anglais, en espagnol, en italien, en portugais, en catalan et en allemand. Dans ce cas, les auteurs devront pouvoir fournir un résumé long (1 à 2 pages) en français.

Les articles seront accompagnés d'une fiche de présentation :
  - Nom et prénom de l'auteur ;
  - Adresse électronique ;
  - Organisme de rattachement (université, laboratoire, groupe de recherche ...) ;
  - Notice biographique (50 mots) ;
  - Résumé de l'article (150 mots) ;
  - Mots clés.

Les articles peuvent être aux formats suivants :
  - Microsoft Word [*.DOC ou *.DOCX] ;
  - Rich Text File [*.RTF] ;

Les images seront au format [*.JPG].

Lorsque l'article contient des documents autres que du texte (images, tableaux, figures), vous pouvez les insérer dans le texte s'ils ne sont pas trop volumineux. Vous pouvez aussi signaler simplement leur emplacement dans le texte. Dans les deux cas, il est indispensable :
  - De numéroter soigneusement les documents ;
  - De joindre les documents en fichiers séparés. 

Vous pouvez envoyer des fichiers compressés [*.zip].

Présentation des contributions

Nous ne fixons pas de taille maximale ni de taille minimale pour les articles. Cependant, la taille moyenne souhaitée est d'environ 15 pages au format Glottopol (voir la feuille de style ci-dessous).
L'utilisation de la feuille de style Glottopol est recommandée. Si vous maitrisez mal les feuilles de style, utilisez les paramètres par défaut de votre logiciel.
Pas de couleur, pas de trame de fond, pas de retour chariot, pas de tabulations. Les seuls enrichissements autorisés sont [gras] et [italique].
Respectez les normes typographiques françaises.
Les références bibliographiques complètes seront placées à la fin de l'article (pas de référence en note de bas de page). Dans le texte, les références figureront entre parenthèses. La norme est la suivante : Nom (en minuscules), année : page(s). Exemples : (Caitucoli, 1912 : 126) ; (Caitucoli, 1931b : 56-57).
Les notes en bas de page sont autorisées.
Laissez les en-têtes et les pieds de page vides, ne numérotez pas les pages.

Utilisation de la feuille de style

Nous vous recommandons de télécharger la feuille de style Glottopol.

Pour télécharger cette feuille de style, cliquez ici : gplstyle

 

Caractéristiques de la feuille de style Glottopol

Mise en page: Format A4 ; Marges = 2,5 cm (haut, bas, droite, gauche) ; Reliure = 0 cm ; En tête et pied de page 1,25 cm.

Style normal (pour le corps de texte) : Police Times 12 points, sans couleurs, sans attributs (gras et italiques sont acceptés pour des mises en relief) ; paragraphe justifié, pas de retrait, pas d'espacement, retrait de première ligne positif= 0,5 cm, interligne simple.

Titre de l'article : Police Times 14 points, sans couleurs, majuscules, gras ; paragraphe centré, pas de retrait, espacement après = 18 points, pas de retrait de première ligne, interligne simple.

Titre 1 : Police Times 14 points, sans couleurs, gras ; paragraphe gauche, espacement avant = 18 points, espacement après = 12 points, pas de retrait, pas de retrait de première ligne, interligne simple.

Titre 2 : Police Times 12 points, sans couleurs, gras ; paragraphe gauche, espacement avant = 12 points, espacement après = 6 points, pas de retrait, pas de retrait de première ligne, interligne simple.

Titre 3 : Police Times 12 points, sans couleurs, italiques ; paragraphe gauche, espacement avant = 12 points, espacement après = 3 points, pas de retrait, retrait de première ligne = 0,5 cm, interligne simple.

Notes : notes de bas de page, numérotation continue, 1…2…3… ; Police Times 10 points, sans couleurs, sans attributs (gras et italiques sont acceptés pour des mises en relief) ; paragraphe justifié, pas de retrait, pas d'espacement, pas de retrait de première ligne, interligne simple.

Bibliographie : Police Times 12 points, sans couleurs, sans attributs (gras et italiques sont acceptés pour des mises en relief) ; paragraphe justifié, pas de retrait, pas d'espacement, retrait de première ligne négatif = 0,5 cm, interligne simple.

Sélection des contributions

Les contributions reçues font d'abord l'objet d'une validation par le responsable du numéro, qui vérifie l'inscription dans la thématique annoncée et le respect minimal des règles déontologiques, des attendus d'un article scientifique (données, sources, etc.) et des normes formelles d'écriture.
Les contributions sont ensuite données à évaluer à un comité de lecture constitué pour chaque numéro. Deux relecteurs évaluent chaque article de façon anonyme. Les évaluations sont adressées aux auteurs en préservant l'anonymat des relecteurs.
Les auteurs apportent les modifications demandées dans le cas d'avis favorables sous réserve de modifications. Le responsable du numéro s'assure de la prise en compte des modifications demandées aux auteurs.

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Dernière mise àjour :

10 octobre 2017

 

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