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ISSN : 1769-7425

 

 

Numéro 29  : Parole de jeunesse - La part langagière des différentiations sociales
Conseils aux auteurs

Numéro 29

Parole de Jeunesse - La part langagière des identifications sociales 

Numéro coordonné par Michèle Auzanneau, Patricia Lambert et Nadja Maillard

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Les sciences humaines et sociales observent et analysent sous différents aspects les régimes de sens, les jeux sémiotiques et les types d’interaction impliqués dans la différenciation sociale. Quelle est la part proprement langagière de ces processus ? En quoi le langage et les langues contribuent-ils aux différences sociales ? Quelles dimensions – orales, écrites, multimodales – du langage et des langues y sont impliquées ?
Au sein des sciences du langage, la sociolinguistique figure parmi les principales disciplines contributrices à ce champ de questionnements. Qu’il s’agisse de genres de discours, de pratiques langagières, de langues, de styles de parole, de variantes (prosodiques, phonétiques, lexicales, syntaxiques), de représentations ou d’idéologies linguistiques, les phénomènes sont nombreux à avoir été identifiés, décrits et analysés par cette discipline comme composants d’affiliations ou de différenciations relatives à des groupes et des réseaux sociaux, ou à des styles de vie.

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Ces processus intéresseront particulièrement ce numéro de la revue Glottopol consacré à la « parole » d’une catégorie spécifique de la population, celle dite des « jeunes ». Entendue de manière générique, la jeunesse sera envisagée ici comme une période de transition entre l’enfance et l’âge adulte, produit des sociétés post-industrielles et de l’allongement moyen de la durée de la scolarisation.
Depuis maintenant plusieurs décennies, des recherches sur la jeunesse, ses aspects socio-identitaires et ses pratiques langagières contribuent à structurer un domaine de recherche à présent fortement internationalisé, et souvent désigné en anglais par l’expression Youth Languages (voir Auzanneau & Juillard, 2012). Les études sur les façons de parler des jeunes sont abondantes en France depuis le début des années 1980, nombre d’entre elles ayant contribué de manière originale et novatrice au domaine. Au fil de sa récente histoire, ce dernier a néanmoins eu tendance à véhiculer une image homogène de la jeunesse contemporaine et de ses modes de socialisation langagière. La diversité sociologique interne de la jeunesse et certaines formes de différenciations sociolinguistiques qui la traversent ont été en effet peu à peu négligées.

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Apports et limites des recherches sur les pratiques langagières de jeunes en France

L’émergence des recherches sur les façons de parler des jeunes remonte aux études de William Labov sur le Black English Vernacular (1972). En France, il est possible de situer la première étude sociolinguistique des usages langagiers de jeunes avec la thèse de Bernard Laks (1980, 1983). Cette recherche sur la différenciation sociale et linguistique au sein d’un groupe d’adolescents a établi de façon convaincante des relations et corrélations statistiques entre des comportements langagiers de jeunes, leurs dispositions sociales et leurs positions par rapport à différents pôles d’identification sociale. Inspirée à différents égards des travaux de Pierre Bourdieu et de William Labov, l’enquête ethnographique déployée avait en effet permis de recouper des données macrosociologiques, des observations directes et des indices langagiers quantifiés pour saisir l’habitus des enquêtés.

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À cette première étude, clairement ancrée dans un courant à la fois variationniste et ethnographique de la sociolinguistique, ont bientôt succédé les travaux grenoblois. En combinant de manière originale l’analyse qualitative des contacts de langues, de la variation et des réseaux socio-communicatifs, ces derniers se sont intéressés aux répertoires communicatifs d’adolescents descendant de personnes migrantes (Dabène & Billiez, 1984 ; Billiez, 1985 ; Merabti, 1991, pour ne citer que les premiers d’une longue série). Ces recherches ont en particulier montré comment des éléments des langues d’origine familiale étaient acquis et investis – pratiquement et symboliquement – au sein de différentes instances d’appropriation et/ou de légitimation (famille, école, pairs), soulignant notamment la manière différenciée dont des filles et des garçons mobilisaient certaines de ces ressources dans des modes de socialisation juvéniles entre pairs, issus ou non des migrations.
Sans pouvoir apporter ici toutes les nuances qu’imposerait un état des lieux approfondi et actualisé de la littérature [1], on se bornera à souligner qu’au cours des trente années qui ont suivi ces premières recherches, une part conséquente des travaux – en sociolinguistique et dans d’autres domaines des sciences sociales – s’est progressivement focalisée sur des éléments jugés hors norme dans les pratiques d’une unique partie de la jeunesse, tendanciellement masculine, paupérisée, urbaine, héritière des migrations postcoloniales, marquée par le sceau de l’oralité et de l’échec scolaire.

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L’intérêt quasi exclusif pour ce segment de la jeunesse dans nombre de recherches peut être relié, entre autres, à l’attention sociolinguistique pour les vernaculaires conçus à travers leur ancrage territorial local et l’homogénéité socioculturelle de leurs locuteurs (Labov, 1978 [1972])[2]. Cependant les différentes formes de « quête » des « parlers ordinaires »[3] n’ont pas toujours permis d’échapper aux écueils contre lesquels Grignon et Passeron (1989) ont mis en garde les chercheurs travaillant sur les milieux populaires. Les réductions opérées ont notamment pu jouer un rôle non négligeable dans le renforcement d’une image mono-stylistique des locuteurs-types des « banlieues ».
Or, que les travaux du domaine soient motivés par la question du rôle spécifique des jeunes dans le changement linguistique ou par celle du rôle du langage dans les changements sociaux, le constat de cette « focalisation sur le déviant » (Billiez et al., 2003) invite à tenter de dresser un portrait sociolinguistique plus complexe de cette jeune génération. Dans cette perspective, il convient de cerner au plus près la diversité sociologique qui la constitue, et la part langagière (Boutet, 2001) des différenciations sociales qui (s’)opèrent en son sein. Cet objectif demande, somme toute, à élargir et à ré-outiller notre regard sur les rapports contemporains entre langage et jeunesse.

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Élargir le regard

En sociolinguistique, l’adolescence a été le plus souvent envisagée comme une période d’autonomisation, structurée selon un double mouvement de divergence par rapport aux valeurs et normes adultes, et de prédilection pour une sociabilité horizontale et l’identification aux normes vernaculaires sous l’influence du réseau de pairs. Les pratiques langagières juvéniles en vigueur dans des espaces urbains périphériques ont ainsi été interprétées comme capables d’indexer, dans le même temps, l’affiliation à un groupe d’appartenance et la désaffiliation à d’autres groupes, notamment (perçus comme) adultes et socialement légitimes. Elles ont été amplement décrites comme reflet de cohésion de groupes dont les valeurs transgressives, viriles et populaires s’opposent à celles perçues comme emblématiques d’un univers à la fois socialement et économiquement dominant et/ou féminin.
Ces analyses demandent à être complétées, et peut-être nuancées, en élargissant notamment le regard :
 à la diversité (sociale, ethnique, genrée) constitutive d’une génération aux frontières rarement questionnées ;
 à la variation stylistique ou situationnelle ainsi qu’aux pratiques de littéracie, souvent négligées.

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Le présent appel a donc pour objet de susciter, de réunir et de faire dialoguer de manière inédite des travaux autour de ces questions.
Un focus sur le contexte français contemporain – non limité à l’hexagone – sera privilégié, sans qu’il soit toutefois exclusif. Des « ailleurs » (géographiques, historiques, générationnels) pourront être envisagés, dans la mesure où ils favoriseront des mises en perspectives et/ou des réflexions comparatives qui font souvent défaut.
Les relations complexes entre la diversité des pratiques langagières et les processus de différenciation ou d’affiliation sociales pourront être appréhendées à différentes échelles, selon des grains d’analyse variables et par le biais d’une palette large d’outils conceptuels et méthodologiques rattachés à différents courants de la sociolinguistique et, plus largement, des linguistiques de la parole. La sociolinguistique se trouve, en effet, confrontée à la diversité des types d’interactions, des régimes de sens et des jeux sémiotiques impliqués dans les processus de différenciation sociale. Bien que prioritairement adressé à des sociolinguistes, cet appel à contributions a enfin vocation à encourager les échanges et le dialogue interdisciplinaire autour des questions et des enjeux relatifs aux relations entre langage et jeunesse. Pour peu qu’ils s’inscrivent explicitement dans la thématique du numéro, des textes soumis par des chercheurs venant d’autres horizons disciplinaires (sociologie, anthropologie, histoire, etc.), individuellement ou en collaboration avec des linguistes, seront par conséquent vivement appréciés.

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Axes de travail

Les propositions de textes pourraient s’articuler autour des axes de travail suivants.

a. Jeunesse, pratiques langagières, frontières sociales : notions et horizons en question
On peut tout d’abord attendre des textes s’inscrivant dans cet axe qu’ils participent à la mise à jour de l’outillage conceptuel du domaine. Afin de mieux cerner ce qui relève du langage et des langues dans la différenciation sociale au sein de la jeune génération considérée dans son ensemble, ces réflexions s’appuieront de préférence sur des études empiriques susceptibles de faire émerger des problématiques nouvelles sur la différenciation sociolinguistique, articulées, par exemple, à des enjeux de luttes de reconnaissance. On peut notamment espérer dans ce sens des travaux consacrés au rôle du langage dans la construction sociale du genre (Billiez & Lambert, 2008) ou des jeunes élites, questions encore rarement traitées dans le domaine.
Il pourrait également être intéressant d’approfondir la voie contrastive internationale (Caubet et al., 2004 ; Auzanneau, 2011). Celle-ci permettrait de relativiser les particularismes nationaux que l’on attribue parfois aux « parlers jeunes », en mettant davantage l’accent sur ce qui pourrait, dans l’émergence de ces types de parlers, correspondre plus largement à des phénomènes liés à des conditions particulières de vie, d’activités et de trajectoires sociales. Cette perspective pourrait ainsi aider à démythifier la notion de « parlers jeunes » et à replacer l’étude de tels phénomènes dans une perspective plus « normale ». À l’échelle de son inscription internationale, la recherche sociolinguistique sur l’identité sociale de jeunes insiste sur l’imbrication en discours des catégories de l’ethnicité, de la langue, du genre, des classes et de la culture (voir par ex. Androustopoulos & Georgakopoulou, 2003). C’est un peu moins souvent le cas en France nous semble-t-il [4].

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b. Jeunesse urbaine, jeunesse rurale : une distinction sociolinguistique pertinente ?
On pourra se référer pour cet axe à des travaux sociologiques qui mettent en évidence la division interne aux jeunes issus des classes populaires aujourd’hui, en même temps qu’ils questionnent la catégorie de « jeunesse rurale » au regard des différences de trajectoires qui les caractérisent (voir par ex. Devaux, 2016).
Si un focus particulier sur les univers urbains et les grandes métropoles semble indispensable pour comprendre des dynamiques sociales et linguistiques contemporaines (notamment les dimensions et conséquences linguistiques de la double dynamique de gentrification et de migrations), sans doute faudrait-il aussi considérer d’autres facettes du processus de recomposition économique et sociale du territoire français, à l’œuvre par exemple dans la formation de nouvelles classes populaires qui se trouveraient de plus en plus tenues à la périphérie des villes mondialisées (Guilluy, 2014). Le versant sociolangagier des phénomènes d’appropriation du territoire local par ces nouvelles classes populaires mériterait peut-être une attention accrue de la part de la sociolinguistique de la jeunesse, compte tenu notamment des effets de nouvelles configurations d’entre-soi sociales et scolaires.

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c. Littéracie : un angle mort de la sociolinguistique de la jeunesse ?
Nous plaidons ici pour l’analyse des pratiques langagières à la faveur d’une conception large, affirmant que l’étude des « façons de parler » devrait inclure des « moyens d’écriture » (Hymes, 1973/1980). Il sera particulièrement pertinent d’investiguer dans leur diversité les pratiques littéraciées d’adolescents ou jeunes adultes, notamment quant au rôle qu’elles peuvent jouer dans la différenciation sociale.
Les travaux sur les pratiques langagières des jeunes se focalisent, en effet, le plus souvent sur leur dimension orale, passant sous silence leurs dimensions écrites ou plus largement scripturales. Dans le champ sociologique, Chikako Mori a souligné à quel point les cultures dites « de la banlieue » sont identifiées à un « territoire de la tchatche », « systématiquement associé à une oralité triomphante » (Mori, 2012 : 70). Si des productions culturelles rattachées au mouvement hip hop comme les tags, les grafs et le rap ont fait l’objet d’analyses sociolinguistiques (par exemple Billiez, 1998 ; Trimaille, 1999 ; Auzanneau et al. 2002), d’autres pratiques littéraciées, liées par exemple à l’insertion des jeunes dans des réseaux sociaux sur Internet, n’ont globalement pas fait l’objet d’études approfondies malgré la place de plus en plus centrale et différenciatrice qu’elles occupent dans la socialisation langagière adolescente.

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d. Socialisation langagière, différenciations et inégalités
La volonté de comprendre comment certains adolescents ou jeunes adultes se trouvent exclus de l’accès aux ressources langagières nécessaires à la réussite scolaire ou à certaines positions sociales sera le principal moteur des analyses présentées dans ce dernier axe.
Avancer dans la connaissance des conditions de socialisation langagière des jeunes de différents milieux sociaux implique de tenter de saisir leur compétence de communication à partir des articulations entre les différentes sphères de socialisation (famille, école, voisinage, etc.), et non à l’aune du seul vernaculaire entre pairs.
Cet objectif pourrait s’appuyer davantage sur des possibilités de passerelles entre, d’une part, le domaine d’étude des pratiques langagières de jeunes et, d’autre part, celui des processus de socialisation langagière (language socialization) ancré dans la tradition de l’anthropologie linguistique nord-américaine (Duranti, Ochs & Schieffelin, 2011). Ces deux courants ou domaines de recherche se sont développés indépendamment depuis près de quarante ans, avec peu de références mutuelles. Il existe pourtant des héritages communs permettant d’entrevoir des croisements et des rapprochements fertiles (Lambert & Trimaille, 2011 ; Lambert, 2014). Un de ces héritages est repérable dans des références aux travaux de Pierre Bourdieu, dont l’appareil conceptuel pourrait jouer un rôle pivot dans des convergences qu’il s’agirait de construire[5]. Les travaux nord américains sur la socialisation langagière lui ont emprunté le concept d’habitus, en plaçant toutefois assez rarement au premier plan des analyses, nous semble-t-il, la question du rôle des rapports de pouvoir dans les processus de socialisation langagière. La possibilité théorique existe toutefois d’envisager à l’aune de la notion de « socialisation langagière » la pluralité des réseaux dans lesquels les locuteurs s’insèrent, circulent et se différencient au cours de leur vie sociale.

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Références citées
ANDROUSTOPOULOS J. K. & GEORGAKOPOULOU A. (Eds.), 2003, Discourse Constructions of Youth Identities. Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins Publishing Company.
AUZANNEAU M., 2015, « La quête des parlers ordinaires », Langage et Société, 154, pp. 51-66.
AUZANNEAU M., 2011, Variabilité des pratiques langagières et dynamiques sociolinguistiques, Un parcours de recherche en France et en Afrique, Habilitation à Diriger des Recherches, volume de synthèse, université Paris Descartes.
AUZANNEAU M. & C. JUILLARD (coord.), 2012, Jeunes et parlers jeunes : des catégories en question, Langage et Société, 141.
AUZANNEAU M., BENTO M., FAYOLLE V., LAMBERT P., TRIMAILLE C., AMAR L. & FERNANDES A., 2002, « Le rap en France et ailleurs : intérêt d’une démarche pluridisciplinaire », Cahiers de l’institut de Linguistique de Louvain. France pays de contacts de langues, Vol. II, Peeters, Louvain-La-Neuve, pp. 109-130.
BILLIEZ J., 1985, « La langue comme marqueur d’identité », Revue Européenne des Migrations Internationales, vol. 1, n° 2, décembre 1985, pp. 95-105.
BILLIEZ J., 1998, « Littérature de murailles urbaines : signes interdits vus du tram ». In V. Lucci (éd.) Des écrits dans la ville, sociolinguistique d’écrits urbains : l’exemple de Grenoble. Paris : L’Harmattan.
BILLIEZ J. et alii., 2003, Pratiques et représentations langagières de groupes de pairs en milieu urbain, Rapport de recherche établi dans le cadre d’un appel d’offre de la Délégation Générale à la Langue Française, université Stendhal-Grenoble 3, avril 2003.
BILLIEZ J. & LAMBERT P., 2008, « Dans les coulisses de la (socio)linguistique urbaine française : le silence criant des filles », in Moussirou-Mouyama A. (éd.) Les boîtes noires de Louis-Jean Calvet, Editions Ecriture, pp. 364-370.
BOUTET J., 2001, « La part langagière du travail : bilan et évolution », Langage et Société, n° 98, Paris, pp. 17-42.
CAUBET D., BILLIEZ J., BULOT TH., LEGLISE I. & MILLER C. (éds.), 2004, Parlers jeunes, ici et là-bas. Pratiques et représentations, Paris, L’Harmattan.
CONEIN B. & GADET F., 1998, « Le français populaire des jeunes de la banlieue parisienne, entre permanence et innovation », In Androutsopoulos & Scholz (eds.), Actes du colloque de Heildelberg, Jugendsprache/Langue des jeunes/Youth Language, Frankfurt, Peter Lang, pp. 105-123.
CRENSHAW K.W., 1991, « Mapping the Margins : Intersectionnality, Identity Politics and Violence Against Women », Stanford Law Review 43(6), pp. 1241-1299.
DABENE L. & J. BILLIEZ, 1984, Recherche sur la situation sociolinguistique des jeunes issus de l’immigration. Rapport de recherche pour la Mission Recherche Expérimentation, Centre de Didactique des Langues, université Stendhal-Grenoble 3.
DEVAUX J., 2016, « L’adolescence à l’épreuve de la différenciation sociale », Sociologie [En ligne], n°4, vol. 6 | 2016, mis en ligne le 03 janvier 2016, consulté le 20 février 2016. URL : http://sociologie.revues.org/2648
DURANTI A., E. OCHS & B. SCHIEFFELIN (Eds.), 2011, The handbook of language socialization, Oxford: Wiley-Blackwell.
GUILLUY C. & C. NOYE, 2004, Atlas des nouvelles fractures sociales en France. Les classes moyennes oubliées et précarisées, Paris, Éditions Autrement.
GRIGNON C. & J.-C. PASSERON, 1989, Le Savant et le populaire. Misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Paris, Le Seuil.
HYMES D., 1973/1980, « Speech and language: On the origins and foundations of inequality among speakers ». In D. Hymes, Language in education: Ethnolinguistic essays, Washington, D.C.: Center for Applied Linguistics, pp. 19-61.
LABOV W. 1978, Le Parler ordinaire. La langue dans les ghettos noirs des Etats-Unis, Paris, Editions de Minuit [1ère ed. 1972. Language in the Inner City: Studies in the Black English Vernacular, Philadelphia : University of Pennsylvania Press].
LAKS B., 1980, Différenciation linguistique et différenciation sociale : quelques problèmes de sociolinguistique française. Thèse, université Paris 8.
LAKS B., 1983, « Langage et pratiques sociales : étude sociolinguistique d’un groupe d’adolescents ». Actes de la recherche en Sciences Sociales, n°46, pp. 73-97.
LAMBERT P., 2014, Sociolinguistique et éducation. Une approche ethnographique. Habilitation à Diriger des Recherches, volume de synthèse, université Stendhal Grenoble 3.
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MERABTI N., 1991, Pratiques bilingues et réseaux personnels de communication : enquête auprès d’un groupe d’adolescents issus de l’immigration algérienne dans la région grenobloise, Thèse, université Grenoble 3.
MORI C., 2012, « L’archipel invisible », Hommes et migrations, pp. 68-76.
TRIMAILLE C., 2004, « Études de parlers de jeunes urbains en France. Éléments pour un état des lieux ». Cahiers de sociolinguistique, n°9, 99-132.
TRIMAILLE C., 1999, « Le rap français ou la différence mise en langues », Lidil, 19, pp. 78-98.

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Notes

[1] À notre connaissance, la dernière (et unique ?) entreprise de ce type date de plus de dix ans. Plus d’une centaine de travaux (articles, ouvrages, mémoires, thèses) sur les « parlers de jeunes urbains en France » avaient été, en effet, recensés, de manière non exhaustive mais selon un assez large empan, dans Billiez et al. (2003) puis Trimaille (2004), pour une période allant de 1980 à 2002.

[2] Ainsi que le rappellent Conein et Gadet (1998), on sait que l’impulsion du changement linguistique adviendrait : plutôt par des locuteurs de couches sociales défavorisées ; plutôt par ceux qui ne sont pas encore insérés dans le monde du travail ou qui s’en trouvent à la marge ; plutôt par les échanges oraux (vernaculaires) qui prédominent dans des groupes dont les relations sociales s’expriment dans des réseaux denses et relativement fermés.

[3] Pour une révision critique récente de cette notion voir Auzanneau (2015) sur la « La quête des parlers ordinaires ».

[4] Le potentiel d’une perspective intersectionnelle (Crenshaw, 1991) réside avant tout dans les contenus concrets que l’on peut lui donner. C’est à partir de recherches empiriques que les effets simultanés de différents facteurs de différenciation et de hiérarchisation sociales seront par conséquent de préférence envisagés.

[5] Convergences à construire plus largement d’ailleurs avec les travaux de sociologie relevant du domaine d’étude de la socialisation.

 

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